Développer le cursus bilingue

En expérimentant à la rentrée 2012-2013 un dispositif comprenant un tiers d’enseignement en allemand (8 h), le recteur de l’académie de Strasbourg, Armande Le Pellec-Muller, souhaite ouvrir plus largement le cursus bilingue.

Le 27 mai 2011, le recteur Armande Le Pellec-Muller a proposé aux collectivités territoriales d’Alsace « un modèle progressif » de l’enseignement de l’allemand (8 h) qui se situera entre le modèle paritaire (12 h) et l’enseignement extensif (3 h). Ce modèle complémentaire sera expérimenté à la rentrée 2012-2013 « sur un nombre limité de sites à ouvrir à l’entrée en cours préparatoire ». Un projet qui a provoqué une levée de boucliers de la part d’une douzaine d’associations alsaciennes pour qui la voie paritaire est « le minimum pour l’apprentissage de l’allemand ».

L’objectif du recteur est d’ouvrir plus largement le cursus bilingue. Selon un constat d’étape, l’attractivité de la voie bilingue est insuffisante. La voie paritaire est suivie par 10,5 % des enfants de primaire, 4 % des collégiens et seulement par 2,7 % des lycéens. En outre, cette voie, qui représente un surcoût de 12,5 millions d’euros, profite principalement aux élèves de milieux favorisés et très favorisés. Pour de nombreux parents, ce cursus est « trop académique et intimidant ». Au final, la maîtrise de l’allemand parmi les jeunes inscrits dans les formations professionnelles et technologiques est « insuffisante pour le marché de l’emploi ».

Toucher plus de jeunes du CAP au BTS

Le modèle progressif (8 h d’allemand) ne remet pas en cause le modèle paritaire (12 h) ni le modèle extensif (3 h), suivi par 73 % des élèves de la maternelle au CM2, assure le recteur. Il s’adresse aux familles dont les enfants ont suivi un enseignement extensif en maternelle, « permettant ainsi aux élèves de CP qui n’auraient pas pu intégrer la filière paritaire de bénéficier d’une exposition accrue à la langue allemande ».

L’apprentissage de l’allemand sera centré sur la langue générale de communication afin de « donner aux élèves des compétences équilibrées, à la fois pragmatiques et linguistiques ». À terme, prévoit le recteur, un plus grand nombre d’élèves, dans une assise sociologique plus large, suivra un cursus complet pour acquérir la maîtrise de l’allemand.

par J.F.C., publié le 08/01/2012

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