Ce rapport qui veut réconcilier les élèves français avec les maths

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Comment redonner aux élèves français le goût des mathématiques ? Entre 2003 et 2015, la France est passée de la 12e place à la 25e place du célèbre classement PISA en compréhension des maths. Pour renverser la tendance, le gouvernement a confié en octobre une mission au député LREM Cédric Villani, Médaille Fields (sorte de prix Nobel pour les mathématiques) et à Charles Torossian, inspecteur général de l’Éducation nationale. Leur rapport, qui doit être remis prochainement (il était initialement attendu pour fin janvier) au ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, contient « 21 propositions assorties d’une trentaine de mesures secondaires », révèle le Journal du dimanche, qui esquisse les principales pistes avancées.

Le calcul mental doit être davantage travaillé en CP. Premier volet : « cultiver le sens des quatre opérations de calcul dès le CP ». Ainsi, les élèves devront, dès le Cours préparatoire, s’entraîner efficacement aux additions, soustractions, multiplications et divisions. Si cela est déjà prévu dans les programmes actuels, le rapport propose une méthode bien précise. « L’idée est de travailler sur de petits nombres – par exemple 6 – et d’apprendre en même temps les opérations aux enfants : 6 = 5+1, 4 + 2 ou 3 × 2 », résume le JDD. Pour suivre la progression des enfants, « le rapport proposera de définir des repères annuels : cinq items par niveau, du CP à la 3e , testés trois fois dans l’année. Par exemple en octobre, décembre et février. Au Conseil supérieur des programmes de préciser ensuite les items (du type : combien fait un quart de cent ?) et les paliers à atteindre… »

La mission propose de renforcer, dès la rentrée 2018, la formation en maths

Les enseignants devront être mieux formés. Mais le volet le plus ambitieux prôné par le rapport devrait concerner la formation des enseignants du primaire, issus à 80% de filières littéraires. « Le rapport devrait préconiser la mise en place d’une licence adaptée aux futurs enseignants, une formation spécifique qui débuterait juste après le bac (et non trois ans après, comme aujourd’hui) », détaille le JDD. Objectif : se rapprocher des champions du classement PISA, tel Singapour, où les professeurs du primaire ont 400 heures de maths dans leur formation, contre 80 chez nous actuellement. Le tandem Villani/Torossian souhaiterait voir ce nombre d’heures multiplié par cinq.

« La mission propose de renforcer, dès la rentrée 2018, la formation en maths des profs de CP/CE1 dédoublés des écoles défavorisées (dites REP+) », poursuit le journal. Avant d’énumérer : « la mission conseille de nommer un référent mathématiques dans chaque circonscription (l’échelon local de l’enseignement primaire). Et insiste sur la formation en équipe, en suggérant de créer des laboratoires de maths dans 200 collèges et lycées pilotes. Des lieux pour expérimenter, partager ses connaissances, écouter des universitaires… ». Le rapport propose aussi de distribuer aux enseignants des « livrets sur la psychologie cognitive, mais aussi que chacun rende visite trois fois par an à des collègues et que chaque cours de maths donne lieu à une trace écrite ».

De nouveaux équipements… pour des cours plus plaisants ? Enfin, dernier volet que devrait contenir le rapport : le matériel.  « Bouliers, cubes, matériel Montessori, logiciels ou jeux éducatifs comme Mathador… le choix est vaste », relate le Journal du dimanche. Objectif : « faire aimer les maths ». Reste à savoir si les mairies, qui financent ces équipements en primaire, seront prêtes à suivre.  

 

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